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Fumbwa, tout sur ce légume vert riche en protéines

LE GNETUM SPP LÉGUME VERT FAIT À BASE DE PÂTE D’ARACHIDE

Reconnu en France sous le nom de Gnetum africanum, le fumbwa est une liane forestière présente en Asie (tropicale et subtropicale), en Amérique du Sud, et particulièrement en Afrique centrale. Ce mets très prisé est également désigné par d’autres appellations selon les régions francophones, telles que « Okok » au Cameroun, et « Eru » dans les régions anglophones.

On le connaît également sous le nom de « Koko » au Gabon, en Angola, au Congo, en République centrafricaine, d' »Afang » pour certaines tribus du Nigeria, et enfin d' »Ukazi » pour d’autres.

L’histoire du Fumbwa

Pendant longtemps, le fumbwa était un mets traditionnel prisé par les populations Kongo résidant dans l’ouest de la RDC et en Angola. Élaboré à partir des feuilles du Gnetum sp., appelées localement fumbwa, ce plat a transcendé ses origines pour conquérir d’autres ethnies qui en apprécient désormais le goût exquis et la valeur nutritionnelle. Disponible dans les épiceries africaines, antillaises, indiennes et turques, le fumbwa a su s’imposer au fil du temps.

Bien que son nom puisse varier d’un endroit à l’autre, cette plante verte à la texture robuste est recherchée pour ses multiples bienfaits, qu’ils soient culinaires, médicinaux ou esthétiques. Le fumbwa fait l’unanimité et constitue une filière commerciale très lucrative, principalement consommée et appréciée localement. Par ailleurs, la plante est exportée depuis la RDC, notamment vers le Nigeria, mais également jusqu’en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Plat africain à base de fumbwa

La filière du Fumbwa

Le Gnetum spp, une liane souvent présente dans les jachères et les forêts secondaires, offre des feuilles riches en protéines utilisées comme légume feuillu. Il demeure l’un des rares légumes verts disponibles tout au long de l’année, revêtant ainsi une importance cruciale tant pour la sécurité alimentaire que comme source de revenus. C’est pourquoi il a été sélectionné parmi les trois produits forestiers non ligneux (PFNL) phares en République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre du projet « Mobilisation et renforcement des capacités des petites et moyennes entreprises impliquées dans les filières des produits forestiers non ligneux en Afrique centrale », regroupant CIFOR, la FAO, la SNV et l’ICRAF.

Dans cette optique, une étude approfondie de la filière fumbwa a été entreprise en RDC. L’objectif de cette étude était d’effectuer une analyse complète de la filière afin de proposer des solutions pour une gestion optimale. Ainsi, des enquêtes ont été menées auprès de divers acteurs de la filière, notamment les cueilleurs, les commerçants et les consommateurs. Les enquêtes sur la production, axées sur la cueillette, ont été réalisées exclusivement dans la Province du Grand Équateur. En effet, dans les villages étudiés, la cueillette des feuilles de fumbwa implique à la fois les pygmées et les Bantous.

L’économie du Gnetum spp

Contrairement à d’autres régions, dans cette province, la cueillette des feuilles de fumbwa est largement effectuée par les hommes, et ce légume ne fait pas partie intégrante des régimes alimentaires locaux. En effet, plus de 80% de la production est destinée à la vente. Actuellement, la cueillette et la vente se font de manière individuelle. Pour la campagne de 2007, par exemple, la production moyenne annuelle par cueilleur était estimée à 257 kg.

La cueillette s’effectue une fois par semaine, en raison du fait que l’avion qui transporte le fumbwa de la Province de l’Équateur à Kinshasa ne réalise qu’un vol par semaine. En cas d’annulation du vol, toutes les quantités récoltées sont perdues, car la durée de vie maximale des feuilles de fumbwa est de trois jours.

vente de fumbwa dans un marché par une dame

Dans cette situation, le producteur ne perçoit aucun paiement car le produit est acquis à crédit. Ces problèmes de transfert entraînent un écart considérable entre le prix auquel le producteur vend et le prix payé par le consommateur. Le producteur ne reçoit ainsi moins de 10% du prix final payé par le consommateur. En 2007, le revenu moyen annuel du fumbwa par producteur était estimé à 36 752 Fc, soit 668 $, tandis que les marges nettes du détaillant et du grossiste à Kinshasa étaient évaluées respectivement à 34 354 $ et à 19 495 $.

À Kinshasa, le coût moyen d’un plat de fumbwa est estimé à 2 000 Fc, soit environ 1 $, chez les vendeurs ambulants. Dans la capitale congolaise, le fumbwa, initialement destiné aux « Bakongo », s’est intégré aux régimes alimentaires de l’ensemble des Kinois.

En République démocratique du Congo, les principaux défis de la filière fumbwa résident dans la conservation et le transport, la rareté du produit n’étant pas encore une préoccupation majeure.

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