Franchement, qui pense à cuisiner mongol un soir de semaine ? Personne. Et c’est exactement pour ça que je t’en parle aujourd’hui. Parce que les recettes mongoles, c’est une cuisine qui me fascine profondément : simple, directe, sans fioriture, construite par des peuples qui cuisinaient dans les steppes glacées avec trois fois rien et qui produisaient quelque chose de mémorable. Ça, j’appelle ça du génie.
| 🥟 Plat star | Les buuz : raviolis vapeur à la viande, le plat du Nouvel An mongol |
| 🍜 Plat du quotidien | Le tsuivan : nouilles sautées à la viande et aux légumes |
| 🥩 Plat festif | Le khorkhog : agneau mijoté aux pierres chaudes |
| 🫓 Accompagnement | Les boortsog : beignets frits servis avec le thé |
| 🍵 Boisson signature | Le süütei tsai : thé au lait salé, bu toute la journée |
| ✅ Accessibilité | Agneau, farine, carottes, oignons : tout se trouve facilement en France |
Les recettes mongoles : une cuisine de survie devenue art de vivre
La cuisine mongole, c’est avant tout une réponse à un environnement extrême. Des hivers à moins 40°C, des steppes immenses, une vie nomade où l’on transporte sa maison sur le dos de ses chevaux. Dans ces conditions-là, on ne cuisine pas par plaisir, on cuisine pour survivre. Et pourtant, cette cuisine a développé une richesse et une profondeur que personne n’attendait.
Deux piliers fondamentaux dominent tout :
- La viande, principalement le mouton et l’agneau, cuisinée bouillie, mijotée, séchée ou frite
- Les produits laitiers, yaourt, crème, fromage séché, qui accompagnent pratiquement chaque repas
- Les pâtes et céréales, farine de blé et millet, pour les raviolis, les nouilles et les beignets
Ce qui me parle dans cette cuisine, c’est cette capacité à faire extraordinaire avec l’essentiel. Pas d’épices rares, pas de techniques sophistiquées. Juste de la patience, du feu, de la viande et de la main. Ma grand-mère cuisinait un peu comme ça aussi : elle ne mesurait rien, elle sentait, elle goûtait, elle ajustait. Cette cuisine-là, c’est une philosophie avant d’être une recette.
Les recettes mongoles à cuisiner chez toi ce week-end
Les buuz, les raviolis vapeur qui réunissent toute la famille
Ça, c’est le genre de plat qui met tout le monde d’accord à table. Les buuz, ce sont de gros raviolis ronds farcis de viande de mouton ou de bœuf hachée avec des oignons, cuits à la vapeur et mangés à la main directement depuis le panier. En Mongolie, on en prépare des centaines pour le Nouvel An, le Tsagaan Sar, et toute la famille s’installe autour de la table pour les plier ensemble pendant des heures. C’est ça aussi la cuisine : un rituel avant d’être un plat.
Pour la pâte, c’est simple : farine, eau tiède et une pincée de sel, travaillée jusqu’à ce qu’elle soit souple et élastique. Pour la farce, du bœuf haché gras mélangé à des oignons finement émincés, du sel, du poivre et un tout petit filet d’eau pour garder la chair juteuse à la cuisson. Tu formes des cercles de pâte, tu poses une bonne cuillère de farce au centre, et tu pinces en formant des petits plis tout autour pour fermer hermétiquement. La vapeur fait le reste en quinze minutes.
La clé des buuz réussis :
- La farce doit être bien assaisonnée avant de plier, tu ne pourras plus rectifier après
- Le fond du panier vapeur s’huile bien pour éviter que les raviolis collent
- On les mange chauds, immédiatement, en soufflant dessus parce qu’ils brûlent les doigts mais on ne peut pas attendre

Le tsuivan, le plat du quotidien qu’on ne lâche plus
Le tsuivan, c’est la recette que chaque famille mongole fait plusieurs fois par semaine. Des nouilles maison cuites à la vapeur sur un lit de viande et de légumes, puis sautées ensemble dans la poêle jusqu’à ce que tout soit bien mêlé et légèrement doré. C’est nourrissant, rapide une fois qu’on a pris le coup de main, et franchement délicieux.
Les nouilles se font avec la même pâte que les buuz : farine et eau. Tu étales finement, tu badigeonnes d’un peu d’huile, tu plies, tu découpes en petits rectangles. Ces rectangles se superposent par trois ou quatre et cuisent à la vapeur au-dessus de la viande qui mijote dans le fond de la marmite avec des oignons, des carottes et des poivrons. Ensuite tu mélangnes tout, tu sautes à feu vif, et tu sers parsemé d’oignons nouveaux ciselés.
Si t’as pas envie de faire la pâte maison, des pâtes fraîches du commerce font très bien l’affaire, t’inquiète. Le principe reste le même, et le résultat est déjà excellent.
Le khorkhog, le barbecue aux pierres chaudes qu’on adapte chez soi
Le khorkhog traditionnel, c’est de l’agneau cuit avec des pierres chauffées au feu directement dans une marmite hermétique. C’est spectaculaire, c’est millénaire, et c’est évidemment difficile à reproduire dans un appartement parisien. Mais l’esprit du khorkhog, lui, est tout à fait accessible.
Ce qui compte, c’est la cuisson longue et fermée : des morceaux d’agneau (épaule ou collier) avec des carottes, des pommes de terre, des oignons, un peu de sel et de poivre, dans une cocotte bien fermée à feu très doux pendant deux heures minimum. Sans eau, ou presque : la viande rend son jus, les légumes fondent, et tu obtiens un ragoût concentré et profond qui sent toute la steppe.
Là, prends ton temps, c’est ici que la magie commence. Plus tu cuisines doucement et longtemps, plus la viande se détache toute seule de l’os. C’est le genre de plat qu’on met sur le feu en début d’après-midi et qu’on va chercher le soir.

Le süütei tsai, le thé au lait salé qui change tout
On va casser un mythe aujourd’hui : le thé, ça ne se boit pas forcément sucré 😄 Le süütei tsai, c’est le thé national mongol, bu toute la journée, par tout le monde, dans chaque yourte. Du thé noir fort infusé, auquel on ajoute du lait chaud et une bonne pincée de sel. C’est déstabilisant la première fois, réconfortant la deuxième, et indispensable la troisième.
Pour le faire chez toi : tu infuses du thé noir très fort, tu chauffes du lait entier dans une casserole, tu mélanges les deux à parts égales, tu ajoutes une demi-cuillère à café de sel. Certains y ajoutent du beurre ou du millet frit. Sers-le chaud dans un bol, pas dans une tasse. Ça change l’expérience.
Les boortsog, les beignets qui font le goûter mongol
Pour finir sur une note gourmande, les boortsog sont des petits beignets de pâte frits dans l’huile, servis avec du beurre, du miel ou de la crème, et accompagnés du thé au lait. Ils ressemblent un peu à nos beignets de carnaval, mais moins sucrés, plus denses, avec ce petit goût de beurre et de farine grillée qu’on trouve dans beaucoup de cuisines nomades.
La pâte : farine, œuf, beurre fondu, un peu de sucre, du sel, et suffisamment d’eau tiède pour former une pâte souple. Tu formes des petites boules ou des rectangles, tu fris à 170°C jusqu’à dorure, tu égoutes. Ce genre de recette, c’est plus qu’un dessert, c’est un souvenir de steppe et de feu de bois.
À DÉCOUVRIR AUSSI : Recette Mbongo Tchobi : Un Plat Traditionnel Camerounais
Les recettes mongoles ont cette honnêteté rare qui te rappelle que la grande cuisine n’a pas besoin d’ingrédients rares ni de techniques complexes. Elle a besoin de savoir-faire, de patience, et de cette générosité naturelle qu’on retrouve dans toutes les grandes traditions culinaires du monde. Si t’as aimé, refais-le et ajoute ta touche à toi 🔥